La newsletter a un an !

(Et bonne année !)

Mesdames, Messieurs, Mes camarades entre les deux, comme vous le savez, l’année 2026 a déjà commencé depuis quelques jours ! Je souhaite qu’elle vous soit favorable et agréable et que Donald Trump n’envahisse pas d’autres pays pour du pétrole… Maintenant que les politesses habituelles ont été déroulées, débutons donc sans plus attendre la phase « News » de cette newsletter (vous pouvez toujours la lire avec la voix de Gilles Bouleau si vous voulez) :

  • Comme un ruban d’écarlate est en lecture chez un de mes éditeurs. Vous avez intérêt à croiser les doigts pour moi si vous voulez du gothique en fin d’année ! Un petit résumé pour se remettre la novella en tête ?

Peintresse du treizième siècle errant sur les routes de Saintonge aux côtés de son père mutique, Reinauda s’installe au cours d’un été dans le village de Sandré, où le prieuré local souhaite refaire une vaste église.

D’abord assommée par la solitude et l’ennui, la jeune femme va bientôt faire d’étonnantes rencontres au creux de ses sorties nocturnes : une parfaite de la foi cathare exilée hors du Languedoc, un poète résidant dans une clairière éternellement fleurie, un seigneur vulgaire et rougeaud damné par ses secrets de famille...

Mais chacune de ces aventures contient une part d’ombre, qui croît lentement à mesure que l’artiste s’abandonne à de curieuses visions emplies de cannibalisme et de sauvagerie. Et si sa propre nature n’attendait que de s’éveiller dans les jardins du Diable ?

  • Notre-Dame de la Dormition sort le mois prochain ! J’ai tellement hâte d’aller le dédicacer et d’avoir vos retours sur cette (més)aventure dans une Toulouse inquiétée par les trahisons et la magie noire.

Comment ça claque !

  • Symphonie pour un brasier avance tranquillement, mais sûrement, et j’espère finir le premier jet à la mi-2026 ! Un petit extrait pour se mettre en jambes ?

“On oublie, hier est loin, si loin d'aujourd'hui,

Mais il m'arrive souvent de rêver encore,

À l'adolescent que je ne suis plus...

Anselme étouffa un petit rire tout en continuant de chantonner cette bluette des années 1970, une main accrochée à son fidèle torchon de ménage comme s'il s'agissait des doigts frêles d'une jeune fille invitée à une boum.

Le tome d'À la recherche du temps perdu qui avait inspiré cette chanson patientait sous une légère couche grise, entre mille autres volumes reliés qui appesantissaient la bibliothèque déjà étroite aux fenêtres grand ouvertes sur la tombée des remparts et Notre-Dame d'Obézine toute de verre tendue. Une percée de ciel crachotait sa clarté à travers une nue habituellement jaunâtre et gazeuse, brûlée d'arceaux de Poison ou de pluie brune. Les rayons à la beauté quasi divine transperçaient donc les vastes verrières du monument tout proche pour offrir à l'ancienne arrière-boutique de l'antiquaire une allure de kaléidoscope géant.

Anselme aimait ce genre de moments suspendus hors du temps, autant qu'il aimait la musique délicate que jouait auparavant son timide voisin et le rire de sa vieille Agathe, mangée par le cancer bien avant l'effondrement. Son expression figée sur un cliché morcelé de soleil le surveillait encore sévèrement à mesure qu'il rangeait ses volumes et chouchoutait les bibelots qu'il vendait dans une autre vie... une de pas si lointaine.”

Symphonie pour un brasier - chapitre 1 : Le dernier rituel du monde
  • Attention, info importante : J’ai écrit une nouvelle pour un évènement auquel je suis conviée cette année et dont je vous reparle un peu plus tard si tout va bien ! Comme mes amours ne sont jamais très loin, mon texte trempe évidemment dans le fantastique et parle de catharisme, de résistance et de féminisme. Je veux vraiment que l’accès à cette newsletter soit une source d’exclusivités pour vous, mais aussi de pouvoir sur mes créations (à petite échelle, parce qu’il ne faudrait pas déconner). Je vous laisse donc voter, en fin de newsletter, pour le titre de ce texte. Vous trouverez toutes les explications à la fin de votre lecture !

Et maintenant que vous avez lu mes aventures éditoriales, pourquoi ne pas vous pencher sur mes recommandations culturelles pour l’année qui vient ?

Recommandations culturelles :

Mes coups de cœur filmiques de l’année 2025 :

  • Casino, Martin Scorsese, USA, 1995 : Bon, j’ai une hyperfixation sur les casinos et hôtels de Las Vegas (me demandez pas pourquoi, j’en ai aucune idée) donc une fresque dramatique, presque tragique, sur le rise and fall d’un mafieux tenancier d’un casino avait tout pour me plaire. La prestation de Robert De Niro est impeccable et il parvient à faire naître une véritable empathie pour son personnage pourtant guère fréquentable.

  • Homebodies, Larry Yust, USA, 1974 : Un film plein de crasse, de regrets et de poussière sur une bande de vieux prêts à aller jusqu’au meurtre pour rester vivre dans leur immeuble sur le point d’être détruit. Si vous aimez la naphtaline, l’horreur et l’hémoglobine, vous allez passer un excellent (quoique triste) moment.

  • Matador, Pedro Almodovar, Espagne, 1986 : Du sexe, des meurtres, Antonio Banderas qui se demande ce qu’il fait là… Ai-je besoin d’élaborer ma pensée ?

  • Gothic, Ken Russell, Grande-Bretagne, 1986 : Ken Russell fait du Ken Russell et propose une nuit remplie de possessions, de saleté, de vin drogué à l’opium, de passion et de confusion dans un cadre magnifique et parfaitement gothique (l’indice était dans le titre^^). Un parfait visionnage avant d’embrayer sur le Frankenstein sorti cette année.

Mes coups de cœur livresques de l’année 2025 :

  • Sous un carré d’immortelles, Nina Gorlier, éditions du Chat noir, 2024 : Ma première lecture de 2025 a également été mon plus grand coup de cœur. La plume de Nina Gorlier est d’une délicatesse absolue et sa maîtrise de l’horreur gothique permet une parfaite immersion dans cette histoire d’amour tragique au sortir de la Première Guerre mondiale. Les éditions du Chat Noir sont malheureusement en train de fermer, j’ignore si la novella est toujours disponible, mais je ne peux que vous encourager à vous jeter dessus ! (Et si des éditeurs passent par ici, rééditez donc cette merveille)

  • De houille et de charbon, Sonja Kourakine, L’Alsacienne indépendante, 2024 : Je n’attendais pas grand-chose de ce roman, mais j’ai été très agréablement surprise. Une atmosphère ésotérique et intime recouvre tout ce roman qui se déroule pourtant dans des mines sinistres et à une période pas très accueillante. Une vraie mélancolie se dégage de l’ensemble, malgré quelques petits couacs qui font un peu offense à l’aspect féministe du récit !

  •  À tes côtés, Élise Delaunay, JS éditions, 2025 : La romance pure et dure, c’est un peu comme la fantasy, c’est très sympa, mais je n’en lis que quand ce sont les copains et copines qui en écrivent. Et bon, si je ne connaissais pas encore bien Élise au moment de lire son roman, je dois bien admettre que c’est devenu une copine au fil du temps donc je ne suis peut-être pas très objective, mais cette fresque romantique sur fond de seconde guerre mondiale et de lesbianisme m’a conquise. Le personnage principal est profondément marquant et attachant si bien qu’on finit par ressentir tout ce qui l’habite. Je dois bien reconnaître que j’ai pleuré une fois ou deux en lisant le roman donc quitte à avoir perdu ma dignité, je vous conseille chaudement de le lire.

  • Les nuits envolées, Magali Lefebvre, éditions du Chat Noir, 2025 : Bon, aucune surprise ici, une autre novella gothique parfaitement exécutée (et à une époque sur laquelle j’aime aussi beaucoup écrire). Le style est impeccable, l’histoire simple et efficace. Je renouvelle ce que je vous ai dit sur Un carré d’immortelles, foncez acheter le texte tant que vous le pouvez (et si vous êtes éditeur ou éditrice, rééditez Magali tout de suite).

Coups de cœur musique/podcast/vidéo 2025 :

  • Lux, Rosalía , Espagne, 2025 : Bon, c’est pas original, mais l’album est un banger complet et je n’y peux pas grand-chose. Dedans, vous en avez pour tous les goûts, toutes les langues et toutes les possibilités de visions mystiques (consenties) à deux heures du matin. Je vous laisse sur Berghain, que vous avez probablement déjà entendue un millier de fois sur moult plateformes vidéo, et qui se base en partie sur des textes de Sainte Hildegarde Von Bingen (elle aussi une meuf très stylée) :

  • Symphonie N° 5, Ludwig Van Beethoven : Bon, c’est pas vraiment une découverte de cette année, mais je me suis pas mal replongée dans Beethoven pour mon post-apo (Symphonie pour un brasier), et comme son titre l’indique, le texte tourne pas mal autour de la musique classique… plus particulièrement autour de Beethoven et Scriabine (sans parler de Dvorjak, mon chouchou) :

  • Mon chéri s’est remis à faire des vidéos ! Si vous êtes cinéphile (ou souhaitez le devenir), je vous recommande chaudement son contenu :

Conclusion :

On en arrive donc au vote pour la nouvelle dont je vous parlais plus haut…

Avant de prendre une décision, voici un peu de contexte : la nouvelle se passe sur deux timelines, une en 1244 et une en 1944. On y suit deux femmes responsables de la survie de leur groupe : une parfaite cathare et une religieuse catholique de l’ordre de la Sainte-Agonie (qui a vraiment existé et qui s’est illustré dans la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale) déportée dans les Pyrénées. Les deux vont vivre une mésaventure fantastique et horrifique qui forme des parallèles à travers le temps…

Sachant tout cela, voici les options :

– Option numéro 1 : Hagiographie des exilées

– Option numéro 2 : Les filles de 44

– Option numéro 3 : Parfaite agonie

À vos votes ! J’annoncerai le résultat sur instagram !

On se retrouve le mois prochain !

Manon Segur