- Manon Segur
- Posts
- Le repos de la guerrière
Le repos de la guerrière
(Non, sérieusement, j'ai besoin de repos, j'en peux plus)
Mesdames, Messieurs, Mes camarades entre les deux, le mois d’avril est passé derrière nous et a été absolument éreintant, bien que riche en aventures, aussi vous comprendrez si cette newsletter est plus concise que d’habitude ! Et maintenant que les politesses habituelles ont été déroulées, débutons donc sans plus attendre la phase « News » de cette newsletter :
Les nouvelles du front :
Symphonie pour un Brasier avance toujours tranquillement. Et comme d’habitude, avec les projets en cours, voici un petit extrait :
“Althea ferma les yeux, mordit sa lèvre inférieure.
- Dis-moi, dis-moi tout ce qu'il s'est passé quand tu es partie après la mort d'Aymeric...
L' américaine se releva lentement, fit le tour de la petite cave en silence – une ou deux fois – puis commença à raconter ce qui lui revenait tout en se craquant les phalanges : les essentialisatrices perdues, le vieux monsieur Banjot qui la droguait probablement et envoyait des messages secrets dans l'éther, Slimane, Lénore et leur étrange quête pour sauver le peu d'ordre qu'il restait dans la ville, l'étreinte des esseulés de la cathédrale, la honte, la surprise, la peur...
Lorsqu'elle acheva son récit, Althea semblait prête à lâcher sa guitare pour l'enserrer de toutes ses forces – mais chacun des os de son corps devait également se battre pour lui maintenir sa façade frigide.
- Soit cette ville est encore plus compliquée que je le craignais, soit tu as une imagination particulièrement fertile.”
Comme vous le savez, je suis invitée au salon Imaj'nère d’Angers ce mois-ci ! J’espère vous y voir nombreux ! Mais avec le salon, vous le savez aussi, vient une anthologique… à laquelle j’ai participé. « Les Elles du pouvoir » (déjà, ça, ça claque). J’ai pu en voir un aperçu lors de l’Ouest Hurlant et laissez-moi vous dire qu’elle est magnifique. Je vous conseille de vous la procurer parce que 1 – elle est collector (une fois épuisée, elle ne sera jamais rééditée), 2 – elle permet de soutenir l’association qui organise plein d’animations autour de l’imaginaire pendant l’année, 3 – elle s’ouvre sur ma nouvelle : Hagiographie des exilées ! Une nouvelle gothique au possible qui commence le jour du bûcher de Montségur (parce qu’on peut sortir la Manon Segur hors de Montségur, mais on ne peut pas sortir Montségur hors de la Manon Segur)

Sublime affiche, vous ne trouvez pas ? Elle illustre aussi la couverture de l’anthologie !
En parallèle de l’écriture du post-apo, je suis à fond dans mes recherches pour le roman d’après : une mystérieuse histoire de vampire médecin coincé à Lille durant la Seconde Guerre mondiale (certains d’entre vous connaissent le projet sous le nom de code “projet Lefebvre”). Mon chéri m’a fait une couverture pour mon futur dossier de soumission, je vous la montre en fin de newsletter… histoire de faire mon title reveal avec un peu de panache !
Et maintenant que vous avez lu mes aventures éditoriales, pourquoi ne pas vous pencher sur mes recommandations culturelles ?
Recommandations culturelles
Cinéma :
Le limier, Joseph L. Mankiewicz, Angleterre, 1972 : Vous ne l’ignorez probablement pas vu que j’en parle très souvent, mais je suis une fan incontestée de Michael Caine. Et quand Arte propose au visionnage gratuit une perle d’humour noir et de tension policière entre lui et le grand Laurence Olivier… Eh bien, ce serait bête de s’en passer ! (Non, sérieusement, voyez ce film)
Razzia sur la Chnouf, Henri Decoin, France, 1955 : Je devais le voir depuis des années, et je le procrastinais depuis des années, mais je l’ai enfin vu ! Un film qui, comme Touchez pas au Grisbi, fait partie de ces films de gangsters des années 50 dont je suis toujours persuadée qu’ils ont été écrits par Audiard (alors que non). Remarquez que même sans Audiard, c’est très bien. Un super twist vers la fin du film et un Lino Ventura tout bébé. À voir !
Je j’aime – je t’aime, Alain Resnais, France, 1968 : Un touchant film de SF hyper expérimental sur le deuil d’un homme qui a perdu la femme qu’il aimait et qui essaie de se convaincre qu’elle était la personne la plus pénible au monde – voire même qu’il l’a tuée ! À voir pour Claude Rich au summum de sa beauté et de son potentiel de boboitude.
Livres :
L’empoisonneuse des bas-fonds, Aurélie Croizé, Gulf Stream, 2025 : Le premier tome de l’apprentie cartomancienne était un coup de cœur. Le deuxième en est tout autant un ! Il faut dire que moi on me donne un peu de fantastique, des meurtres, des complots et du Paris napoléonien… bah, c’est déjà tout ce qu’il faut pour me rendre heureuse !
Un reflet de lune, Estelle Faye, Folio SF, 2021 : Bon, Estelle Faye ça se lit tout seul. Et en plus, il y a Chet, son héros pas doué à un niveau stratosphérique, sur lequel je fangirle de tout mon cœur. Alors bon, j’aime sans même me poser la question à ce stade.
Je n’ai malheureusement pas pu lire beaucoup de livres ce mois-ci (et je me suis forcée à en lire un que je n’ai pas aimé et qui m’a bouffé une partie du mois, mais je n’en parlerais pas ici parce qu’il a peut-être son public), mais j’ai eu le bonheur d’aussi faire la bêta-lecture de la future romance historique de la géniale Elise Delaunay : une romance lesbienne en pleine RDA dont vous devriez bientôt entendre parler et que je vous conseille chaudement !
Musique/Podcast/Vidéo :
Surprise partie chez Françoise Sagan, Michel Magne, France, 1957 : Des vibes à la fois jazzy, vintage et… terrifiantes ? Tout ce qu’on aime.
Prière païenne, Céline Dion, France/Canada, 1995 : Oui, je suis une fanzouze de Céline Dion et vous n’y pouvez RIEN, mais je trouve aussi que les paroles de la chanson matchent bien avec plusieurs de mes héroïnes !
The cloister of vanities, Anthony Lo Re, France, 2022 : Depuis que je suis sur Qobuz, j’entends beaucoup moins la musique de mon cher ami Anthony Lo Re ! Mais alors que je continue d’espérer une réédition pour mon roman chéri, je reviens souvent avec nostalgie sur ce joli morceau qu’il avait composé après avoir lu Le cloître des vanités. Le mois prochain, si j’y pense, je vous partagerai une autre composition très cool d’un autre musicien sur le même thème !
Conclusion :
Alors ? Prêts pour le cover reveal de mon prochain gros projet – plein de vampires assoiffés de sang et de secrets sordides ? (et on remercie mon chéri pour le graphisme)

Hâte de vous reparler de La bile et le feu !
On se retrouve le mois prochain !
Manon Segur