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Mars attacks !
(Mais mars a intérêt à se calmer, c'est moi qui vous le dis)
Mesdames, Messieurs, Mes camarades entre les deux, l’année du cheval a commencé, et je sais pas pour vous, mais j’ai moyen envie de parier sur ce cheval au tiercé vu l’atmosphère politique du moment. Enfin ! En tant qu’autrice, je suis aussi amuseuse publique, alors essayons de nous détendre un peu…
Et maintenant que les politesses habituelles ont été déroulées, débutons donc sans plus attendre la phase « News » de cette newsletter !
Les nouvelles du front :
Notre-Dame de la Dormition est sorti ! Et en prime, il a vécu son premier salon à Imagin'à Brive, qui s’est super bien passé (j’ai qu’une hâte : le refaire l’année prochaine). Je suis extrêmement contente de le voir en liberté en librairie et j’attends que les premiers avis tombent avec force excitation !

Voici votre humble servante avec son dernier bébé !
Bon, niveau soumissions éditoriales, le début de 2026 a par contre été d’une rare violence. Plusieurs projets en lesquels je croyais fermement ont vu moult portes - pourtant prometteuses - se fermer en grinçant. J’ai hésité à en parler dans la newsletter, car la communication c’est avant tout censé être du positif, mais je me dis que c’est aussi important de dire quand ça va pas trop, quand on est un peu découragé et fatigué. On peut être une autrice diffusée en librairie et publiée plusieurs fois et continuer de galérer par moments ! C’est à la fois triste et beau, mais je ne changerai cet angle du métier pour rien au monde, car il rend les victoires plus importantes. Et puis, ces beaux projets, je n’ai aucune intention de les abandonner. C’est pas mon genre ! Comme dirait Gloria Gaynor, je survivrai !
Symphonie pour un Brasier avance toujours tranquillement. Préparez-vous pour l’extrait de ce mois-ci, qui présente Maroussia — mon personnage favori de ce projet — sous son angle le plus menaçant :
“Elle le caressa de nouveau sur la joue, juste avant d'y enfoncer ses ongles en stylet.
- J'aimerais de tout mon cœur, de tout mon être, de toute ma foi, que le monde soit beau, soit juste, soit digne. Mais le monde est une flaque de pisse et de bile infâme. Le monde est un enfer dans lequel nous nous sommes égarés pour avoir joué aux plus cons avec Dame Nature. J'ai seulement choisi d'expier ma faute à ma façon, en vous protégeant, en nous protégeant...
Encore quelques millimètres et il en saignerait... mais il refusait de bouger, trop blessé, trop subjugué, trop terrorisé.
- Mais tu as déjà tué toute une chiée d'innocents ! Je connais certaines de tes victimes, Maroussia. Ton orgueil est allé trop loi...
Elle relâcha sa joue pour mieux bâillonner sa bouche.
- On se tait, mon beau. On se tait et on écoute...
Elle se pencha l'espace d'un instant pour récupérer une vieille dague ornée de symboles damasquinés, qui fleurait encore l'huile et le sang versé, et elle la déposa tout contre sa pomme d'Adam.”
J’écris une nouvelle pour un projet secret, et si je ne garantis pas qu’elle aboutira à une publication, je m’amuse beaucoup. Je ne veux pas trop vous spoiler, mais elle parle d’une figure historique que j’adore et qui a un rapport avec… le cuivre.
Niveau dédicaces et salon, je serai présente ce samedi au Furet du nord de Villeneuve-d’Ascq pour dédicacer Notre-Dame de la Dormition ! Et en fin de mois, j’ai le salon du livre de Bondues dans le viseur. Si vous habitez dans le nord, on s’y retrouve ?

Maintenant que vous avez lu mes aventures éditoriales, pourquoi ne pas vous pencher sur mes recommandations culturelles de ce mois-ci ?
Cinéma :
Les oiseaux, Alfred Hitchcock, USA, 1963 : Je m’étonne encore de ne pas avoir vu ce grand classique plus tôt, étant donné mon amour du cinéma d’Hitchcock et de l’ornithologie, mais enfin, grâce à arte (cette chaîne est la sainte patronne de ma cinéphilie), mon erreur est maintenant corrigée ! En dépit d’une fin un poil brutale, ce film catastrophe arrive à être véritablement terrifiant et tendu par moments. Le concept est fun. Il y a des mouettes maléfiques (des mouettes, quoi), on passe un super moment.
Aucun autre choix, Park Chan-Wook, Corée du sud, 2026 : Bon, j’avais entière confiance en Park Chan-Wook pour nous servir un film marquant et sanglant (je suis une grande fan de son film Mademoiselle), à la réalisation léchée et au scénario anticapitaliste brutal et cynique. Et j’avais bien raison. Aucun autre choix est aussi dur qu’hilarant. Un must-see tant qu’il est dans nos salles !
Kill for love, Jean-Marie Pallardy, France, 2009 : Bon, en tant que grande amatrice de nanars, il fallait bien qu’un jour ou l’autre, je complète la duologie des grands chefs-d’œuvre de Pallardy. Le premier volet étant White fire, un formidable film de trafic de diamants à Istanbul aussi stupide que moralement répréhensible (non sérieusement, l’inceste c’est pas bien, faut pas faire ça). Mais Kill for love est plus spécialisé dans sa nanardise, plus idiot encore, incroyablement mal joué, vulgaire, d’un abrutissement fini et éternel… Le sur doublage intolérable, les actrices dignes d’un porno bulgare (dit-elle en n’ayant jamais vu de pornographie du dit pays) et les one-liners qui feraient faire la toupie à Audiard dans sa tombe font de l’ensemble un joyau du pire cinématographique et un grand cru que mon petit cœur conservera à tout jamais.
Et n’oubliez pas : seul le vent connaît la réponse (la réponse à quoi, ça, c’est vous qui voyez).
Livres :
Fingersmith, Sarah Waters, Virago press, 2002 : Je n’ai pas beaucoup pu lire ce mois-ci (que j’ai passé en vadrouille), mais ma seule lecture a été intense. Je vous parlais de Mademoiselle dans la section cinéma, eh bien voici le livre dont est adapté le film. Un intense thriller victorien sur fond de lesbiennes manipulatrices, de féminisme, de désir et de mensonges. Si vous aimez le gothique, allez-y, c’est de la bonne !
Musique/Podcast/Vidéo :
The water is fine, Chloé Ament, 2026 : Une chanson folk aux vibes aussi sombres que romanesques, parfaite pour les camarades plongés dans un roman gothique (Notre-Dame de la Dormition par exemple)
Wuthering Heights, Kate Bush, Royaume-Uni, 1978 : Je suis particulièrement heureuse que Les hauts de Hurlevent soit revenu à la mode (c’est un banger littéraire, il faut bien le dire), mais ma rage constante envers la filmographie d’Emerald Fennell — ma némésis à tout jamais — me donne envie de vous rappeler des adaptations moins foireuses et vaines que sa dernière sortie en salle. Et puis Kate Bush, c’est super bien.
Piano man, Billy Joël, USA, 1973 : En ce moment, l’actualité c’est pas trop ça, et quand une partie de moi a envie de s’évader (même s’il ne faut pas fuir nos responsabilités, les ami. e. s), une autre est heureuse d’être une artiste parce que peut-être que je change les idées de quelques personnes autour de moi. Bon, avec moult poison, meurtres, histoires de vengeance ou de torture, mais tout de même. Et si mes écrits sont trop méchants pour vous (ce que je comprendrais tout à fait), eh bien, vous pouvez aussi écouter Billy Joël et son doux piano :
Conclusion :
Notre-Dame de la Dormition est donc disponible en librairie ! Regardez comme il est beau ! Je suis tellement heureuse quand vous me le prenez en photo dans son environnement naturel… Souhaitons lui de continuer sa route sans trop d’embûches, vous voulez bien ?

On se retrouve le mois prochain !
Manon Segur