Petite pluie d'avril...

(Un bonbon à qui aura la référence !)

Mesdames, Messieurs, Mes camarades entre les deux, nous pouvons placer derrière nous une des fêtes les plus fun de l’année (oui, je fête les Ides de mars) et nous préparer à bouffer 4,5 kilos de chocolat en une seule journée pour Pâques. Ce qui est sympa aussi.

Les nouvelles du front :

Sans plus attendre, débutons la phase « News » de cette newsletter (vous pouvez toujours la lire avec la voix de Gilles Bouleau si vous voulez) :

  • Attention ! Il va falloir lire cette newsletter jusqu’au bout ! En effet, c’est aujourd’hui que je vous révèle le nom de la maison d’édition qui va publier Notre-Dame-de-la-Dormition ! Deux indices pour l’instant : Oiseau échassier et élément chimique de numéro atomique 47.

tableau périodique des éléments avec le numéro 47 entouré

Tableau périodique des éléments

  • Ce mois-ci, j’ai surtout fait des recherches historiques pour finir ma « réécriture » (qui n’est pas tant une réécriture qu’un raffinement du style et de quelques anachronismes) du Cloître des vanités. Un petit extrait ?

“En se concentrant un peu mieux, ses yeux d’océan voguant à travers les vagues alignements de ruelles, il saisissait l’ennemi au cœur de la lumière. Une assemblée hétéroclite de paysans, nobles, tisserands, charpentiers et guérisseurs se serrait dedans sans le savoir. Certains étaient accompagnés d’enfants qui riaient et chantaient, d’autres gardaient un air sage et modéré que sublimait la fatigue de la nuit. Une jeune femme brune, qu’il ne détaillait pas très bien à cause des chaudes prières entourant son groupe, venait de monter pieds nus sur la margelle d’un petit puits pour prêcher.”

Le cloître des vanités - Chapitre 3 : Partition
  • La maison d’édition qui va re-publier L’étreinte du roncier (et dont je ne peux pas encore vous révéler le nom) apprécie bien mon côté « illustratrice » et même si rien n’a été acté définitivement, il est probable que mon roman ressorte avec une couverture par bibi. Si je vous ai déjà présenté l’illustration que je compte présenter à cette occasion, j’en ai aussi commencé une autre pour le plaisir, influencée par le style art déco. Bien sûr, c’est un wip (work in progress) encore très imparfait, mais j’avais assez envie de vous montrer ce dessin.

Une jeune femme entourée de flammes et de fleurs tient une dague

Cette bonne vieille Célia (pas finie, mais tout de même)

  • Attention, le mois d’avril va être chargé en salons pour moi, alors à vos blocs-notes ! Je serai présente à L’ouest hurlant à Rennes, les 19 et 20 avril et au Salon du livre lesbien de Paris le 26 avril pour vous présenter Le cantique du noyé ! J’ai hâte de vous voir !

Maintenant que vous connaissez mes aventures éditoriales, parlons de culture (parce que la culture, c’est super bien) et de mes découvertes/recommandations du mois :

Recommandations culturelles :

Cinéma :

  • Night train, Géraldine Py, Roberto Verde, France, 2023 : Un petit court-métrage que j’ai visionné lors de l’exposition sur les grands magasins à la cité de l’architecture de Paris. Il présente le parcours d’un carton dans une immense usine automatisée des Galeries Lafayette. L’atmosphère est à la fois apaisée, cauchemardesque et liminale (et ça se regarde super vite !)

  • Femmes au bord de la crise de nerfs, Pedro Almodóvar, Espagne, 1988 : J’ai toujours eu un rapport assez… particulier au cinéma d’Almodóvar, mais plus je vieillis, plus j’aime son approche de la couleur et de la mélancolie. Ce classique de son cinéma - qui raconte les mésaventures sentimentales d’une doubleuse espagnole prise dans une histoire de valises, de chassé-croisé amoureux, de terroristes chiites et d’Antonio Banderas avec une coupe de cheveux dégueulasse - se laisse regarder comme on déguste un soda en été et c’est en prime une adaptation de Jean Cocteau (ce qui est toujours cool, parce que Jean Cocteau; c’est la classe).

  •  Le globe pourpre, Pavel Arsenov, URSS, 1988 : Je suis en couple avec un grand fan de cinéma soviétique et je dois admettre qu’il se débrouille toujours pour trouver de sacrés trucs. Ici on est sur un film compilant des épisodes d’une série pour enfants soviétiques, qui mixe SF et Fantasy à la Dark crystal. Malheureusement, on sent parfois qu’on a pas tous les éléments du montage de base, mais les personnages sont truculents, les bébêtes dégueulasses (comme la coiffure d’Antonio Banderas, oui) et on y découvre un oiseau géant doublé par un gars qui hurle.

Livres :

  • Rien ne sert de courir, Le labyrinthe de Théia, 2024 : Une romance enemies-to-lovers avec un brin de slowburn et une enquête dans une société dystopique provençale. Je n’ai pas été convaincue par le worldbuilding (c’est juste pas le type de worldbuilding qui m’intéresse personnellement) et le style trop moderne pour moi. En revanche, j’ai beaucoup aimé la romance principale et le fait de centrer l’intrigue sur des villes régionales.

  • Histoire d’O, « Pauline Réage », Gallimard, 1977 : Au vu de certains de mes écrits, il était étonnant de ne pas encore avoir lu ce classique de la littérature érotique française. Si maintenant je peux dire que c’est chose faite et que j’ai beaucoup apprécié le style (après un départ qui me convainquait moyennement) ainsi que la psychologie des personnages, certains éléments ont sacrément mal vieilli. Cette histoire raconte l’initiation au sadomasochisme d’une jeune bourgeoise parisienne abandonnée corps et âme à son amant, René, et si je ne me suis absolument pas offusquée de cette thématique, la présence dans l’intrigue d’une gamine de 15 ans extrêmement sexualisée m’a pas plu des masses. La lecture reste intéressante et on sent que c’est - heureusement - la plume d’une femme derrière.

  • Les femmes cathares, Anne Brenon, Perrin, 1992 : Je vous avais bien dit que je faisais des recherches pour Le cloître des vanités ! Bon, eh bien, vous vous en doutez, ce bouquin faisait partie de mon corpus. Mais il m’a énormément plu. Il est synthétique et objectif tout en parvenant à diffuser une atmosphère de sororité et de respect pour des femmes disparues depuis des siècles. Un must pour tous les fans d’anthropologie historique ou plus globalement les fans de moyen-âge !

  • Et on n’oublie pas - sinon je vous tape - le départ du ulule de Malone Silence ce 4 avril. Stanley n’est pas mort est une des meilleures sagas d’horreur que je connaisse et c’est extrêmement important, dans le climat politique actuel, de faire connaître les voix artistiques issues de minorités !

  • Autre chose à ne pas oublier : la ressortie de La captive de Dunkelstadt, de Magali Lefebvre, aux éditions Château d’âmes. Le roman sort ce mois-ci en librairie et je vous en ai déjà parlé dans le tout premier article de la newsletter. C’est un vrai petit bonbon pour tous les amateurs de littérature gothique !

Musique/Podcasts/Radio :

  • La voix humaine, Francis Poulenc, France, 1958 : Puisqu’on parlait de Jean Cocteau, voici la tragédie lyrique dont il a écrit le texte et qui a inspiré Femmes au bord de la crise de nerfs. Une douce histoire de téléphone et d’amante délaissée…

  • The morning after, Maureen MacGovern, USA, 1972 : En ce moment, je cherche pas mal de chansons des années 70 pour accompagner certains de mes projets d’écriture. Et j’ai découvert avec plaisir la chanson du générique de L’aventure du Poséidon, un des meilleurs films-catastrophes de tous les temps. Les paroles sont mielleuses au possible, mais les vibes sont incroyables. À écouter si vous êtes coincé dans un bateau renversé sur la coque en plein milieu de la Méditerranée (oui, c’est précis).

  • Seduzione, Rondo Veneziano, Italie, 1688 : J’ai choisi ce morceau comme j’en aurais choisi un autre. En vérité, il faut écouter absolument tout ce qu’a fait Rondo Veneziano. Si vous avez été élevé.e comme moi avec des groupes comme Era ou Enigma, la vibe classico-ésotérique avec du synthé qui tâche ne pourra que vous parler. Niveau mélodie on est sur quelque chose de toujours punchy et coloré, qui ressemble un peu à du Vladimir Cosma.

  • Si vous cherchez une écoute plus politique, j’aide toujours à animer « Prière de l’ouvrir ». Et c’est toujours une émission mensuelle, diffusée sur Radio Campus Angers (et disponible en podcast/replay après chaque direct) les derniers mardis de chaque mois, qui traite de militantisme catholique et de lutte contre l’extrême droite.

Conclusion :

Nous en arrivons à LA révélation que vous attendez depuis le début de cet article…

Notre-Dame-de-la-Dormition, mon thriller fantastique déchiré entre la Révolution française, les eighties et nos jours sortira donc auuuuuuuux…

**roulement de tambour**

Logo des éditions du héron d'argent

Un bien bel oiseau que voilà !

éditions du Héron d’argent en fin d’année !

Hâte de vous présenter mon nouveau bébé ! Et on se retrouve le mois prochain !

Manon Segur